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INVESTISSEMENT LOCATIF · 6 min de lecture

Comment les banques calculent votre capacité d'emprunt en investissement locatif

Yves Monnier ·

Immeuble, clé et schéma de capacité d’emprunt — illustration.

Deux dossiers presque identiques, deux réponses opposées. En locatif, votre capacité d'emprunt ne dépend pas seulement de vos revenus : elle dépend surtout de la méthode de calcul retenue par la banque.

Le taux d'endettement, la règle de base

Les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), devenues juridiquement contraignantes en 2022, limitent le taux d'endettement à 35 % des revenus, assurance emprunteur comprise, sur une durée maximale de 25 ans (27 ans dans le neuf ou avec travaux importants). Les banques peuvent y déroger pour une part limitée de leur production, mais la marge reste étroite.

Le point clé : comment sont comptés les loyers

Les loyers attendus d'un investissement locatif ne sont presque jamais retenus à 100 %. La banque applique un abattement — le plus souvent de l'ordre de 20 à 30 % — pour tenir compte de la vacance, des charges et des impayés. Les loyers ne pèsent donc dans le calcul qu'à hauteur de 70 à 80 % de leur montant.

Deux méthodes, deux résultats

Le calcul classique (par endettement) additionne toutes vos charges de crédit, nouvelle mensualité comprise, et les divise par l'ensemble de vos revenus, loyers pondérés inclus. Le ratio doit rester sous 35 %. Cette méthode pénalise vite les emprunteurs déjà endettés.

Le calcul différentiel isole l'opération locative : la banque soustrait les loyers pondérés de la mensualité du bien, et seul le solde négatif éventuel s'ajoute à vos charges. Si le bien s'autofinance, il ne pèse pas — ou peu — sur votre endettement. Cette approche est nettement plus favorable, mais toutes les banques ne la pratiquent pas.

Conséquence : à revenus et projet identiques, une banque peut refuser un dossier qu'une autre acceptera sans difficulté. D'où l'intérêt de savoir, avant même de déposer, quel établissement raisonne selon quelle méthode.

Les autres leviers

Durée du prêt, différé de remboursement pendant les travaux, « saut de charges » (comparaison entre loyer actuel et future mensualité), reste à vivre, structuration en SCI : autant de paramètres qui, bien utilisés, font passer un dossier tendu.

  • Endettement plafonné à 35 % assurance comprise, 25 ans maximum (HCSF).
  • Loyers retenus à 70–80 %, jamais à 100 %.
  • Le calcul différentiel favorise les investisseurs ; toutes les banques ne l'appliquent pas.
  • Le choix de la banque conditionne l'acceptation autant que le dossier.

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Contenu informatif, ne constituant pas un conseil personnalisé.

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